• B.D.I

Eugène MONA

Mis à jour : 23 sept. 2018

Entre spiritualité et leçons de vie

La musique d'Eugène MONA nous transcende par sa manière de faire "parler", de faire "chanter", de faire "rire" et de faire "pleurer" sa flûte. Il nous fait encore vibrer sans aucun doute grâce à sa voix et aux mouvements de son corps lors de ses shows.

Aujourd'hui 21 septembre 2018, 27 ans que cette étoile du monde noir nous a quitté. De nombreux hommages lui seront rendus mais je voudrais vous inviter à découvrir l'homme spirituel et le philosophe qu'il était. Sa musique et sa manière de vivre en sont la preuve.

Quand j'ai pris la décision d'écrire cet article, j'ai voulu que l'on apprenne à connaître autrement cet homme qui donnait une identité à la Martinique au même titre qu'Aimé CÉSAIRE.

Tout était spirituel pour Eugène MONA. Par exemple, pour composer une chanson, il fallait que des conditions soient réunies. Il se mettait "sous l'inspiration d'une force vitale pour laisser sortir ce qui était en lui". Il jeûnait, il composait dans le silence et dans la nature.

Cette nature fut omniprésente durant toute sa vie et de façon quotidienne. En effet, tous les jours il glorifiait le grand architecte de la nature et ce qu'il a créé (la terre, la mer, le soleil, la végétation, etc...).

Par ailleurs, pour lui, on décidait qui on voulait être. Il était Georges NILECAM du nom de son beau-père. Toute une ambiguïté identitaire. Une nouvelle identité s'était alors imposée à lui comme pour faire taire un combat intérieur. Georges NILECAM était devenu Eugène MONA.

MONA nous disait qu'il fallait de la volonté dans la vie. A quinze ans il ne savait ni lire ni écrire mais dix ans après il y parvenait et ajoutait à ses prouesses le déchiffrage de partitions. Avec ce nouveau savoir, il lisait beaucoup car voulait "comprendre le pourquoi des choses".

Avec la pratique de la flûte, il nous enseigne que la perfection vient avec le travail et la méthode. Il disait que quand on prend la décision de faire quelque chose on se doit de le faire en toute conscience et avec beaucoup de sérieux.

Pour lui une bonne condition physique était tout aussi importante que l'intellect et le spirituel et cela surtout quand il devait préparer un concert.

Il parlait beaucoup de la société martiniquaise et disait que par rapport à son histoire que son âme était atteinte et qu'il fallait la reconstruire. Il s'inquiétait aussi de ce qu'elle était devenue. Un peuple désuni car les gens étaient de plus en plus égoïstes. Un peuple disait-il doit se battre pour une cause, ses enfants, la communauté.

Il était conscient que les gens étaient devenus pauvres car la vie était chère. Il fallait tout acheter. Il préconisait que l'on recommence à travailler la terre, à planter. Et qu'il faudrait savoir fabriquer soi même certaines choses comme de l'huile de coco ou du sel. A l'évocation de ces propos, bon nombre de personnes lui rappelait le temps de l'Amiral Robert. Et il répliquait en disant qu'adhérer à ces pratiques ne voulait pas dire être dans la misère.

Il était mystique et beaucoup de martiniquais ne comprenait pas toujours sa philosophie de la vie, du don de soi pour son pays. Dans toute sa dimension spirituelle, il pouvait avoir des paroles prophétiques comme: "Quand je mourrai mon corps dessinera sur la Martinique un triangle". Il est mort à Fort-de-France, sa veillée se fit dans la commune du Marigot et il fut enterré au Vauclin.

Eia pou MONA!

"Ce n'est pas pour vous mépriser que je marche pieds nus. Je cherche Dieu, je chante. Si j'étais comme vous voulez, je ne serais pas ce que je suis". Eugène MONA.



Pour en savoir plus, je vous invite à regarder le documentaire de Nathalie Glaudon entre autres.

https://www.youtube.com/watch?v=GEBrllkWc5c


https://www.youtube.com/watch?v=heDIxFifP1Q - https://www.youtube.com/watch?v=IwfEbvqJ_dk - https://www.dailymotion.com/video/x1sgfyb - https://www.youtube.com/watch?v=eoW3L_ZPcfM





















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