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Jahi Muntuka, veut porter sa contribution à la prise de conscience des jeunes "neg Matinik"...

Mis à jour : 6 nov. 2018


Jahi Muntuka, panafricaniste, âgé de 30 ans a depuis quelques temps été interpellé par ce qui se passe dans l'Outre Mer et plus précisément sur l'île qui l'a accueilli jusqu'à ses 23 ans, la Martinique. Il a à cœur de conscientiser les jeunes de 12 à 18 ans, pour qu'ils aient une vision de la vie et pour qu'ils fassent les meilleurs choix pour leur avenir, tant au niveau professionnel, personnel, de la santé, etc...

Pour mettre en œuvre son idée, il a réalisé un documentaire disponible sur DVD, intitulé, NEG MATINIK AN PEP ANBA DOMINASYON KOLONIAL. Ce DVD, a été présenté au public de l'hexagone pour la première fois au mois de septembre. Pour répondre à d'autres demandes, Jahi Muntuka a hier, le 1er novembre présenté à nouveau son travail dans une salle située à Villejuif. Une cinquantaine de personnes conscientes des enjeux de notre île, étaient présentes et une bonne partie prête à s'investir dans ce que Jahi Muntuka appelle le combat. Pour lui et pour d'autres, nous sommes en guerre. En guerre contre un système qui nous tue.

Réaliser ce documentaire n'a pas été de tout repos. Il a approché un certain nombre de personnes pour y participer mais seulement quelques uns ont accepté de faire l'aventure avec lui. Deux femmes sont de la partie; Juliette SMERALDA et Imaniyé Dalila Daniel. Il a eu également le concours de Cyril GOGO, d'Amzai BOUKARI, des artistes tels que Lieutenant, Saaturn et X-Man, de monsieur Garcin MALSA, de l'historien congolais N.Y.S.Y.M.B LASCONY, de monsieur PIEJOS, entrepreneur. Il faut savoir que la durée de ce documentaire est de trois heures mais la présentation du jour fut d'une heure et demi. Malgré cette coupure, elle a convaincu l'auditoire présent.

A la fin de la projection, le débat s'est déroulé avec des questions très pertinentes et des volontés se sont manifestées afin d'aider Jahi muntuka dans son projet. En plus du DVD, il propose un certain nombre de solutions dans ce combat pour que nous changions. Pour que nous agissions différemment dans notre vie de tous les jours. Pour cela, il faut : - Gérer ses dettes et sa santé (maladie actuelle + thérapie post esclavage) pour être apte à mener des projets, - Faire un tri alimentaire dans ce que nous consommons. Se sevrer de tous les produits non vitaux tenus par les descendants de nazis à la Martinique et les entreprises Françaises. Et donc préfère le tinen lanmori au burger king et l'eau au royal soda,

- Reconstruire nos foyers en communauté pour accueillir nos parents dans une même habitation plutôt que les mettre à la maison de retraite. Du coup nos enfants n'auront plus à aller à la crèche, nous paierons moins d'impôt, et aurons la possibilité avec

autant de bras dans une maison de mettre en place un jardin africain pour réduire les possibilités d'aller se nourrir chez l'ennemi,

- Mettre nos enfants au maximum dans une école alternative africaine et éteindre la TV, - Encourager les producteurs locaux et bios, - Créer des entreprises,

- Former des chercheurs pour dépolluer la Martinique, - Mener des actions symboliques contre les descendants et actuels criminels qui doivent rendre des comptes au niveau de empoisonnement et de la vérité historique. Lors du débat, trois des participants au documentaire étaient présents ; monsieur Garçin MALSA, N.Y.S.Y.M.B LASCONY et Saaturn. Je partage avec vous leur intervention faite par rapport au documentaire et aux questions posées.



Monsieur Garçin MALSA, ancien professeur, président de l'ASSAUPAMAR, initiateur du "Konvoi pou la réparasyon". Pour commencer son propos, il a fait référence à Anténor FIRMIN (Haïtien panafricaniste, né au Cap Haïtien en 1850 et meurt en 1911) et nous incite à lire son ouvrage « De l'égalité des races » qui démonte l'essai de Gobineau, intitulé «L'inégalité des races ». D'après monsieur Malsa, cette lecture est nécessaire afin de comprendre les enjeux en cours, nos problèmes d'identité. « Il faut comprendre que nous sommes des afro-descendants. Nous n'avons pas le droit d'avoir PEUR car nous avons apporté beaucoup au monde, à l'humanité. Il ne faut pas avoir peur d'utiliser le mot décolonisation. Il a profité de sa présence pour rappeler le recours en cassation de la demande de réparation (plainte déposée en 2005) qui se tiendra le 6 novembre. Il faut absolument demander aux békés des comptes. Il faut les déséquilibrer, ceux qui ont mis des êtres humains en esclavages. Ils se sont déshumanisés». Il tient à préciser également qu'il ne faut pas utiliser la violence. «Utiliser la violence, c'est des moyens qu'ils maîtrisent mieux que nous. Il faut donc utiliser d'autres méthodes, la force des mots. Petit à petit, nous sommes entrain d'extirper cette peur. Il a fait aussi référence à Fanon pour expliquer que nous devons nous débarrasser du traumatisme qui nous a été infligé. Ce fut la démarche de Fanon. Il faut avancer en inventant nos propres concepts. Nous avons une énergie interne que nous devons utiliser. N'hésitez pas à relire l'histoire pour que vous voyez que nous sommes forts et qu'ils ont peur de nous. Nous devons affirmer notre africanité. La source du panafricanisme est la Caraïbe». Il finit son propos par une citation d' Anténor FIRMIN : «Nous, les déshérités du monde , nous serons les éclaireurs du futur».


N.Y.S.Y.M.B LASCONY, professeur à l'Université des West Indies.

Il pense que le devoir de mémoire est important. «Les Noirs sont les seuls à qui on refuse le devoir de mémoire. La demande de réparation est avant tout une démarche morale. Il pense que la monoparentalité est le premier drame dans la Caraïbe. On a tu la trinité africaine, à savoir l'équilibre avec un papa, une maman et l'enfant. On casse la famille. Si on casse la famille, on casse la société. Il ne faut pas oublier que ceux qui sont restés en Afrique sont aussi traumatisés. Nous devons faire des documentaires afin de transmettre car nous devons nous connaître. Ne pas négliger que la falsification de l'Histoire est permanente et que nous avons le devoir d'en parler sans cesse pour transmettre les bonnes connaissances».


Saaturn, artiste Martiniquais. A écrit avec son cousin Romuald Duville, un livre intitulé «On veut notre histoire». Ce projet est né car il voulait connaître son histoire pour mieux se connaître. Pour lui, l'éducation est importante. «Il nous manque néanmoins une vision commune. Il y a un manque de suivi dans les médias sur ce qui détermine fondamentalement un peuple. Nous sommes confronté à beaucoup de confusion donc difficile pour nous de créer une solidarité. Il faut éliminer cette confusion et ça prend du temps. Et pour finir, l'éducation, l'instruction, la clé pour que l'on sache qui l'on est».


Jahi Muntuka : «Je suis ingénieur en aérospatial et militant panafricaniste. J'ai initié ce projet car j'ai senti le manque au sein de la communauté. Une cécité, une surdité de la part du peuple qui ne cesse de se faire agresser, manipuler, mépriser depuis des siècles. Il a été question d'esclavage, d'ablation d'utérus (faites à la Réunion et à la Martinique), BUMIDOM. Tous ces crimes qui ne cessent pas et cela depuis des décennies. Un projet, un film pour parler aux plus jeunes de 12 à 18 ans, au moment de la construction de son avenir professionnel. C'est aussi mon expérience, car j'ai choisi une filière qui ne me permet pas de travailler chez moi, sur mon île. Ce film sert aussi à faire passer des messages que je voudrais véhiculer dans les écoles, les universités, dans les conférences. Dire aux jeunes, si vous partez, ayez un projet. Sachez pourquoi, vous partez et revenir.»


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Une diffusion est prévue en Martinique au début du mois de décembre avec l'association SANKOFA.

Pour en savoir plus, vous pouvez contacter Jahi Muntuka par mail : jahi.muntuka@gmail.com Le DVD est au prix de 20 euros. Panafricanisme : Doctrine et mouvement de solidarité entre les peuples africains.


Joseph Auguste Anténor Firmin ou Anténor Firmin est un homme politique et intellectuel haïtien. Date et lieu de naissance : 18 octobre 1850, cap-Haïtien, Haïti.

Date et lieu de décès : 19 septembre 1911, Saint-Thomas, îles Vierges des Etats-Unis. Profession: avocat, enseignant, journaliste.



On veut notre histoire, de Romuald DUVILLE et de Mathias "Saaturn" JOILAN.

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